Insomnie
C’est l’heure de fermer les volets, c’est l’heure où la lune s’éveille
C’est l’heure de se laisser aller, c’est l’heure de fuir dans le sommeil.
J’ouvre un livre et je le repose
J’éteins la lumière, la musique,
Je me détends et je me pose
Comme le veulent les principes.
Je plonge alors dans la torpeur
Mais j’ai dû manquer un départ,
Je jette un œil accusateur
A mon reflet dans le miroir :
Des cernes noirs autour des yeux
Les traits défaits et le teint gris…
Le sommeil est un oublieux
Encore une’ fois il s’est enfui.
C’est l’heure où la nuit est bien noire, c’est l’heure où les lumières s’éteignent
C’est l’heure des rêves, des cauchemars, c’est l’heure où le silence règne.
J’ouvre mon livre et le referme,
Me glisse à nouveau dans mon lit
Avec l’intention plus que ferme
De l’emporter sur l’insomnie.
Je veux me serrer contre toi
Je suis épuisée et transie
J’aurai sans doute un peu moins froid,
Partage donc ta léthargie.
Je m’égare mais je suis lucide :
Près de moi l’unique présence
Est un néant, un rien, un vide,
Et je blâme ton inexistence.
C’est l’heure de la majorité, c’est l’heure des heureux endormis
C’est l’heure de la minorité, c’est l’heure de ceux qui vivent la nuit.
J’insulte le marchand de sable
De n’être toujours pas passé
Je dénigre toutes les fables
Et l’incompétence de Morphée.
Je recompte les moutons blancs,
Les béliers agneaux et brebis
Qui s’éparpillent allègrement
Dans le champs de mon insomnie.
Et puis j’allume la lumière
Qui maintenant ne sert à rien
Je me sens comme prisonnière
De l’apparition du matin.
C’est l’heure d’ouvrir les volets, c’est l’heure où le soleil s’éveille
C’est l’heure d’une nouvelle journée, je n’ai pas trouvé le sommeil…
Fanny Pierot - 11- 2005







